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Les déchets solides en Afrique : un laxisme polluant

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Le problème de la gestion des ordures solides en Afrique en général, et au Sénégal en particulier devrait être posé avec réelle volonté de les transformer en opportunités commerciales.

Au Sénégal la vétusté des véhicules du nettoiement est telle que, certains de ces camions-poubelles tombent en panne régulièrement au niveau des tratifics à forte circulation occasionnant des troubles avec tout cela comporte comme risques d’accidents.

L’accident meurtrier survenu le 8 septembre 2016 dans une décharge de produits avariés près de Cotonou au Bénin est venu rappeler une triste réalité. Malgré quelques initiatives enregistrées ici et là, le laxisme persiste dans la gestion des déchets urbains en Afrique. Plusieurs villes croulent sous des montagnes de détritus. De nombreuses capitales sont classées parmi les plus immondes au monde.

« A l’image d’une montagne, le dépotoir de Concasseur semble chatouiller les nuages. L’odeur qui s’y dégage est épouvantable.»

Dans plusieurs pays du continent, les populations se débrouillent pour se débarrasser de leurs déchets dans des décharges à ciel ouvert. Les dépotoirs sauvages prolifèrent. C’est le cas dans la ville de Conakry, la capitale guinéenne, classée par le magazine Forbes parmi les villes les plus sales d’Afrique. Où un éboulement d’ordures fait huit morts le 22 août 2017.

Sur mondoblog, un bloggeur guinéen a décrit le spectacle auquel il a assisté dans le quartier dit « concasseur » dans la commune de Dixinn en plein cœur de Conakry. « A l’image d’une montagne, le dépotoir de Concasseur semble chatouiller les nuages. L’odeur qui s’y dégage est épouvantable.»

Les habitants de la capitale guinéenne ne décolèrent pas. Ils vivent dans des quartiers devenus des décharges à ciel ouvert. La ville croule sous les amoncellements de déchets, dans l’indifférence totale des autorités, se plaignent-t-ils.

Des détritus qui bloquent les voies ferrées
La démographie galopante dans les villes africaines a fait d’énormes dégâts. De plus en plus peuplées, de nombreuses cités croulent sous les ordures qui s’accumulent partout, y compris près des villas de luxe qui jouxtent les bidonvilles.

A Luanda, la capitale angolaise, les habitants ont pris l’habitude de jeter leurs déchets dans les rigoles des trottoirs, les bouches d’égout et les fossés. Faute de ramassage, les riverains y mettent le feu.

Le ras-le-bol s’exprime sur les réseaux sociaux où les jeunes se prennent en selfie devant des décharges de plusieurs mètres de haut ou devant un amoncellement de détritus qui bloque les voies ferrées, provoquant des retards de circulation de trains. La population se plaint des rats, des cafards et des mouches qui prospèrent autour de ces déchets.

«Nous ne pouvons plus continuer ainsi, sinon nous serons obligés de déclarer l’état de catastrophe sanitaire», a averti le nouveau gouverneur de Luanda nommé récemment par le gouvernement. Par mesure de précaution, il a fait placarder dans la ville d’immenses panneaux qui rappellent les gestes à suivre pour prévenir le choléra.

Dans le classement 2015 réalisé par le magazine Forbes qui dresse la liste des 25 villes les plus sales du monde, 16 d’entre elles se trouvent sur le continent africain. Dans tous ces pays, les décharges sont souvent incontrôlées et des matériaux toxiques s’y trouvent, notamment des équipements électroniques et chimiques qui sont jetés au milieu des ordures ménagères.

C’est comme si nos pays n’ont pas de système de taxes ou de redevances qui leur permettraient de financer des programmes de gestion des déchets solides. Nos populations pour leur part se débarrassent généralement de ses ordures dans des décharges sauvages, à ciel ouvert.

Des associations devraient se faire entendre partout pour dénoncer le laxisme des pouvoirs publics. Par des compagnes de sensibilisation portant notamment sur l’interdiction de l’usage des sachets en plastique qui obstruent les ruisseaux, bouchent les canaux de drainage des eaux usées et dévastent les troupeaux. Au Sahel, 30% du cheptel meurt après en avoir consommé.

Plusieurs pays comme le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Togo, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Rwanda ont d’ores et déjà interdit la production et l’importation du plastique. Ce qui est déjà à saluer. Même si des suivis pour ces mesures restent toutefois à l’effet d’annonce.

Il faut ce cependant se féliciter du Rwanda qui fait figure de bon élève en sur cette question. Puisqu’à Kigali, on vous débarrasse de vos sacs en plastique dès votre arrivée à l’aéroport en échange de sacs en papier.

De telles initiatives devraient inspirer d’autres capitales africaines. Pour que bon nombre de nos jeunes notions s’accordent à dire que rien ne sera fait sans une véritable volonté politique des États et une vaste sensibilisation des populations qui doit commencer par les élèves.

Les ordures solides doivent désormais être considérées en Afrique comme des marchandises et non comme des matériaux sans valeur d’échange. Car elles sont, même si beaucoup d’africains semblent l’ignorer, des ressources que le monde des affaires peut commercialiser, en les recyclant. Pour générer des emplois rénumérateur.

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