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Le franc CFA 50 ans après : les secrets de la survie de cette monnaie coloniale

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LE POIDS DES MOTS: Celui d’une charge pesante de ce triste héritage de la colonisation française qu’est le franc CFA 50 ans après; monnaie forgée de toutes pièces en 1945, dans le sillage de la création de la Banque mondiale et du…FMI de Christine Lagarde ; le temple de l’ajustement structurel. Un instrument dont on parle des vertus en matière de stabilisation, de gestion comptable de la monnaie, mais pas des seuls véritables avantages – transferabilité, convertibilité, stabilité du taux de change – pour les investisseurs de l’ex-métropole. Dont on tait le mal congénital : l’incapacité, car non prévue dans les statuts des banques centrales de la zone, dont la Beac en Afrique centrale, à favoriser la croissance, l’emploi et une véritable réduction de la pauvreté.

LE CHOC DES PHOTOS. Celui du reflet d’un temps que d’illustres Africains partis depuis longtemps, Osende Afana, Joseph Tchundjang Pouémi et tous ceux qui ont œuvré et milité pour la maîtrise par l’Afrique de son destin, auraient pensé révolu ; dans les brumes de l’Histoire. Des figures comme Sylvanus Olympio, président du Togo, victime du premier « coup d’Etat monétaire » en 1963, évincé du pouvoir pour avoir refusé de signer le traité de l’Union monétaire ouest-africaine, actant sa sortie du Franc CFA.


LE FRANC, DANS SON ETYMOLOGIE, SIGNIFIE POURTANT LIBRE. Pour une partie de l’Afrique, il faudra revoir cette définition. Si la coopération financière et économique, dans des conditions transparentes et saines, bénéfiques pour les différentes parties est une bonne chose pour les Etats, celle qui lie, par le biais de la monnaie, la France à 14 pays africains de la zone Franc, dont les six d’Afrique centrale, relève de la servitude volontaire ; une tutelle d’un autre âge.

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On ne peut plus s’arrêter aux propos convenus, au jargon et à la pommade des conférences annuelles de la zone Franc à Paris ou des interviews de ministres et chefs d’Etat français sur la question. Si la rémunération du compte d’opérations est faible, les montants des réserves des pays de la zone franc peu significatifs par rapport au poids de la France et que de temps à autre elle compense les déficits, ses avantages et bénéfices sont ailleurs. Un intérêt géopolitique et stratégique : le contrôle d’une zone d’influence, avatar du pré-carré ; un outil de diplomatie économique : l’intérêt d’une monnaie stable, convertible, transférable pour les entreprises et investisseurs français ;

A la réforme et à la transformation structurelle de nos économies et au changement en profondeur des mentalités pour tirer le meilleur parti de nos formidables atouts, il faut un affranchissement monétaire, qui au-delà du symbole, signera l’âge adulte de nos États, la maîtrise de tous les instruments de pilotage de nos économies et la capacité à atteindre, sans slogans fumeux, incantations de tribunes et envolées de conférences, le cap de l’émergence. Comme l’Ile Maurice, la Namibie et le Botswana, économies émergente et diversifiées, qui disposent de la pleine gestion de leurs monnaies. Aux Africains de la zone Franc d’en prendre le chemin.

Abdel Aziz Moundé

Abdel Aziz Moundé

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