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Le 21 août 1989: Le Sénégal rompt ses relations diplomatiques avec la Mauritanie

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Éclaté le 9 avril 1989, le conflit sénégalo-mauritanien atteint vite des proportions insoupçonnées. Ce qu’on pouvait appeler un petit accrochage entre éleveurs peulhs mauritaniens et agriculteurs soninké sénégalais finira par menacer la stabilité et la paix entre les deux pays.

L’escalade de la violence ayant conduit à d’innombrables dégâts matériels et pertes en vies humaines va aboutir à la rupture diplomatique entre les deux pays, le 21 août 1989.

Parti de Diawara, dans le Sénégal oriental, le conflit se répand comme une traînée de poudre et touche les plus grandes villes des deux pays. En représailles de la mort de deux Sénégalais, à la suite de l’intervention de l’armée mauritanienne qui avait causé par la même occasion plusieurs blessés graves et abouti à une douzaine retenus en otage, des boutiques et commerces mauritaniens sont pillés et brûlés à Dakar.

Du 21 au 24 août 1989, une vague de violence inouïe rafle tout sur son passage avec des maures brûlés vifs dans la capitale tandis qu’à Nouakchott, capitale mauritanienne, des centaines de Sénégalais sont mutilés. Cette série d’exactions s’étend aux autres villes des deux pays voisins et forcent les ressortissants à regagner leurs pays d’origine. Au bord de la guerre, le Sénégal et la Mauritanie rapatrient leurs citoyens.

Vers la fin du mois d’avril, 70 000 Sénégalais sont de retour dans leur pays contre 170 000 Mauritaniens grâce au pont aérien instauré par le Maroc et l’Algérie.

Échec des négociations et rupture diplomatique

Malgré les réunions de conciliation tenues à Bamako le 17 mai et le 3 juin, la crise a continué avec de nouveaux enjeux notamment politiques.

La Mauritanie exige la restitution des biens de ses ressortissants et le décompte officiel de ses morts au moment où le président Abdou Diouf demande que soit revue la délimitation de la frontière entre les deux pays. La rencontre de juin 1989 à Rosso pour concilier les deux parties notamment sur l’échange du bétail retenu de part et d’autre ne sera d’aucun effet majeur.

Nonobstant l’implication du président malien Moussa Traoré qui joue les bons offices entre ses voisins, la rupture des relations diplomatiques sera actée le 21 août 1989. A partir de ce moment, le conflit prend une autre allure et la guerre prend de plus en plus forme.

Ould Taya, le président mauritanien, accuse son homologue sénégalais d’être l’unique responsable de la crise mais le 23 août, deux jours après la rupture, Abdou Diouf déclare dans les colonnes du journal Le Soleil que: « La Mauritanie a toujours bafoué les droits les plus élémentaires de l’homme et de la dignité humaine.

La presse (accusée d’avoir envenimé la situation) exerce librement, sans entraves, son métier, ce qui est impensable en Mauritanie ». Il ajoute comme pour mettre en garde la Mauritanie qu’ « il faudrait être fou dans le monde actuel pour rechercher la guerre surtout quand on est un pays sous-développé et de surcroît sahélien ».

Par Ababacar Gaye/SeneNews

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