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L’accaparement et le bradage des terres de la vallée : un volcan à grande échelle…

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L’État mauritanien mène depuis plusieurs années maintenant une politique active d’accaparement des terres, au bénéfice, bien souvent, de sociétés étrangères ou de Mauritaniens ayant des accointances avec le pouvoir.
L’Etat mauritanien et l’Autorité Arabe pour l’Investissement et le Développement agricole (AAAID) ont signé une convention au terme de laquelle 3200 hectares de terres agricoles au Brakna seront soumis au bail au profit de l’organisation arabe citée plus haut pour un montant de 500 dollars l’hectare. On se rappelle encore que des représentants des populations des communes d’Ould Birome, Dar El Barka et dar El Avia (Moughataa de Boghé) étaient venus à Nouakchott protester contre la location de terre à usage agricole à l’autorité arabe pour l’investissement et le développement agricole (AAAID).
Des topographes et pédologues sont déjà sur place, et ont débuté les travaux d’aménagement.

Il s’agit d’un projet englobant théoriquement une superficie de 3200 hectares. Mais au vu du schéma sur la carte et des nombreuses localités citées, la superficie réelle visée est de 9200 hectares.
En République Islamique de Mauritanie, les haratins ont toujours travaillés la terre dont le fruit a toujours bénéficié à leurs maîtres ou anciens maîtres qui les tiennent en otage les menaçant, avec la complicité des autorités, de les déposséder de leur seule source de survie – la terre cultivable. A cela s’ajoute la loi 83/127 portant réforme foncière suivie par des décrets et des arrêtés d’application qui depuis son avènement, a rendu la vie des populations de la vallée du fleuve un véritable calvaire. Cet arsenal juridique est instrumentalisé par les pouvoirs publics et des administrateurs locaux qui, ne se gênent nullement de se comporter en véritables colons en territoire conquis.

Les expropriations foncières au profit de l’agrobusiness national et international est très souvent au profit de simples spéculateurs fonciers déguisés en pseudo-investisseurs, créent un danger sans précédent par l’injustice et les discriminations à la base de telles décisions. Les expropriations résultant des évènements de 1989 au profit d’autres populations du pays constituent aujourd’hui un boulet et mettent à mal l’unité nationale et la cohésion sociale.
Des expropriations sans un respect minimum de l’espace vital pourtant fixé par la loi montrent à quel point le pouvoir est dans une logique d’exclusion systématique de pans entiers de la population de leurs terroirs d’origine. Les exemples de Donaye et de Thiambène suffisent à eux seuls pour illustrer cet état de fait.
En effet, la lutte contre l’esclavage exige une volonté juridique et politique manifeste de remettre les esclaves et anciens esclaves dans leurs droits de travailleurs de la terre des adwaba. Terre dont le fruit ne profite qu’à de soi-disant maîtres ou anciens maîtres qui spolient les hratin en usant de la violence de l’Etat.

Devant cette situation de délinquance, des partis politiques et autres organisations de la société civile avaient tiré la sonnette d’alarme, pour s’en émouvoir, que l’exécution de ce projet est une violation flagrante des codes foncier, forestier, pastoral et environnemental de la Mauritanie ainsi qu’une atteinte grave à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (C.A.D.H.P).

Pourtant, le Mouvement Pour la Refondation (M.P.R) a, et à maintes reprises, alerté les autorités pour stopper cette dérive du pouvoir qui se trouve désormais dans une posture qui met en danger la cohésion des communautés nationales, toutes confondues. Les évènements survenus depuis le 23 Mars 2015, une fois encore dans l’arrondissement de Dar El Barka, ne font que confirmer l’entêtement du gouvernement à aller de l’avant, dans sa nouvelle option politique agricole, qui consiste à déposséder ses propres concitoyens du seul moyen de subsistance dont ils disposent.
Pour mémoire, c’est en 2010, l’on se souvient que l’attribution des terres de cultures sous pluie et de décrue s’est accélérée. L’Etat avait envisagé d’attribuer 50500 hectares à la société saoudienne, Tabouk Eziraiya Errajihii, dans une zone à haute intensité pastorale, couvrant diverses parties des communes de Dar El Avia, Ould Birome, Dar El Barka et Boghé.
Au mois de Mai 2013, 50 000 hectares et 31 000 hectares de terres du Trarza et du Brakna furent octroyés au profit d’une seconde entreprise saoudienne Al-Rajihi, sous forme de bail, contraignant les populations de Donnaye à enterrer leurs morts de l’autre rive du fleuve Sénégal.

C’est pourquoi, les organisations de la Société civile, exigent de l’Etat, la prise de mesures fermes pour une réelle abolition de l’esclavage foncier, le respect scrupuleux de la propriété coutumière et l’annulation pure et simple de tous les actes d’expropriation foncière depuis la loi 83/127 pour toute cession de terres, la concertation et la négociation dans le cadre de la loi avec les propriétaires coutumiers.

 

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