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La griote et chanteuse Djeli Kaba Bintou nous livre ses pensées

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En marge de sa tourrnée dans les grandes villes guinéennes la nouvelle recrue de la nouvelle école de la musique mandingue moderne s’est confiée à notre reporter Ibrahima Diallo. Leur entretien a porté essentiellement sur les réalités du showbiz guinéen, l’immigration clandestine, la scolarisation de la jeune fille entre autres sujets.

senalioune.com est assi avec elle pour un interview

Qui est Djeli Kaba Bintou ?

Je suis issue d’une famille de griot. Mes parents sont tous chanteurs. Ceci dit je ne me suis pas lancé dans la musique par passion ou par pur hasard. C’est que pour être précise je suis née griote, c’est-à-dire porteuse de la bonne parole de naissance et par tradition. Je suis également l’une des nombreuses vedettes de la nouvelle école de la musique mandingue de Guinée. Je ne chante pas l’argent je chante les bonnes actions.

“ Je ne chante pour de l’argent, je suis griote et je ne devierai jamais des valeurs nobles que prône ce métier ”

Avez-vous des projets de tournée dans la sous-région ?

Je suis en tournée pour le moment exclusivement à l’intérieur de la Guinée. Je suis allée me produire à Kamsar, Coyah, Dabola et Fria. Avant de redevenir à Conakry le 5 janvier au palais du peuple pour un concert grandiose avec mon réel frère Azaya qui n’est plus à présenter dans le paysage du showbiz guinéen. Ensuite pour relancer ma tournée à Sangaredi, Siguiri, Kankan et Gbenbeta.

“ Si la musique arrête de nourrir ses pratiquants dans ce cas elle cesse d’être un métier, mais le griot est le porteur  désintéressé de la bonne parole par excellence dans la société africaine”

Aujourd’hui, il est incontestable que la Guinée est un grand pays musique, mais est-ce que ce métier nourrit bien ses adeptes ?

Vous avez même dit « Métier » ( elle fronce les sourcils un moment avant de continuer ). Si la musique arrête de nourrir ses pratiquants dans ce cas elle cesse d’être un métier pour les adeptes qui n’arrivent plus à gagner leur vie avec. En tout cas moi ça me va.  Mais il faut ajouter que tout le monde ne chante pas pour de l’argent. Mais vous conviendrez que le griot est le porteur  désintéressé de la bonne parole par excellence dans la société africaine. Ceux-là ou celles qui outrepassent la noblesse de cet art sont contraints de se retrouver dans la débauche ou des activités peu orthodoxes. Aujourd’hui tout le monde se dit griot ou griote mais bon… ( elle n’acheve pas sa phrase ). Moi je chante pour honorer la tradition. Djeli Kaba Bintou chante pour l’amour de sa patrie.

Est-ce que le combat en faveur de la scolarisation de la jeune fille est un thème très cher à Djeli Kaba Bintou ?

Très cher !  Je vous remercie pour cette question. Personnellement je ne saurai remercier assez mes parents de m’avoir scolarisée. Et la musique n’a pas impacté négativement mes études d’autant plus que je suis diplômée en Commerce International. Même si à un moment donné j’ai failli abandonner les études, comme toute adolescente rebelle, le soutien attentif de mon papa m’avait  quand même sauvée de ce fléau qui fait ravage dans le milieu scolaire guinéen. Qu’on appelle la descolarisation. Aujourd’hui toutes les activités socio-professionnelles requièrent un minimum d’aptitude scientifique. Le constat est alarmant puisque 90% des artistes chanteurs guinéens n’ont jamais été en classe. Et ce taux d’analphabetisme touche majoritairement les femmes.

“ 90% des chanteuses guinéennes n’ont pas été en classe, Djeli Kaba Bintou est diplômée en commercial je le dis avec beaucoup d’humilité ”

Donc c’est une fierté pour la Guinée que d’avoir Intellectuelle chevronnée comme Bête de scène.

Il faut l’accepter avec beaucoup d’humilité. Grâce à ma formation je peux me defendre, signer mes contrats sans naïveté. Je peux représenter mon pays partout avec fierté. Je demande à mes frères et surtout mes sœurs de primer les études avant tout. Les hommes sont regardants de nos jours en ce qui concerne le choix de leur partenaire même pour le mariage. Celles qui sont de nos jours des exemples doivent remercier le Pout-puissant pour cette grâce.

Avez-vous un mot sur l’imigration clandestine qui touche beaucoup de jeunes guinéens enduille par la même occasion des familles souvent démunies ?

L’immigration clandestine a trait avec le manque d’emploi jeune. Il ne faut pas chercher mille causes. Même si je regrette de voir des jeunes diplômés attendre tout de l’Etat après leur formation universitaire. S’y ajoute également l’absence d’adequation de la demande par rapport aux offres de formation. Moi qui suis diplômée commerce international malgré que je travaille hormis la musique mais un jour je suis appelé à devenir une femme d’affaires. Alors une fois de plus les parents et les autorités à plus de responsabilité sur question très actuelle qui est l’imigration clandestine fruit du manque d’emploi jeune.

Votre dernier mot

Je rends grâce à Allah, à mes parents, aux miens en général si je cite vais frustrer tellement que j’ai l’impression d’être très bien entourée. Je te remercie également pour toutes ces bonnes questions. Je suis fière d’être Friaka ( NDLR ressortissant de Fria )

Interview réalisée par

Ibrahima Diallo / senalioune.com

Guinée

 

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