Accueil MAURITANIE Événement Sénégalo-Mauritanie, 30 ans après

Événement Sénégalo-Mauritanie, 30 ans après

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Ce mardi 9 avril 2019 marque le 30 ème aniversaire de la crise sociale entre le Sénégal et la Mauritanie. Les riverains du fleuve Sénégal Mauritanie s’en souvient de cette tuerie. 

Tout à commencé Le 9 avril 1989, à Diawara, une localité du Sénégal oriental, était le théâtre d’un nouvel accrochage entre des bergers peuls mauritaniens et des paysans soninké sénégalais. L’armée mauritanienne intervient, deux Sénégalais sont tués, plusieurs grièvement blessés, et une douzaine retenus en otages.

Du 21 au 24 avril, ce sont des commerçants maures blancs qui voient leurs boutiques pillées et incendiées, des professionnels maures noir sont brûlés vifs dans les fours de leur « dibiterie » (mechoui) ou encore décapités. Ceux qui étaient à Kaolack ont été couverts par les cheikhs de la Tidjaniyya[réf. nécessaire]. Il en est de même des chefs religieux relevant de la Qadiriyya (pour l’essentiel descendants de Cheikh Saad Bouh).

Fin avril des centaines de Sénégalais sont tués ou mutilés à Nouakchott et dans plusieurs autres villes mauritaniennes, et lorsque les rapatriements ont commencé, les Maures ont fait l’objet de vives représailles à partir du 28 avril. À ce moment-là, le chiffre officiel est de 60 victimes. Chaque pays entreprend alors de rapatrier ses ressortissants, grâce à un pont aérien mis en place par la France, l’Algérie, l’Espagne et le Maroc. 

L’état d’urgence et le couvre-feu sont instaurés sur la région de Dakar afin de contrôler une foule surexcitée. L’escalade est évitée. C’est en ce moment qu’Abdou Diouf président de la république du Sénégal ordonna à l’armée sénégalaise de protéger les ressortissants mauritaniens en les amenant au bataillon du train pour assurer leur rapatriement en Mauritanie.

160 000 Mauritaniens et 70 000 Sénégalais sont rapatriés à ce moment-là. Le 21 août 1989, les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues, elles ne seront rétablies qu’en avril 1992. La frontière sénégalo-mauritanienne est rouverte le 2 mai 1992.

Ces départs massifs perturbent l’équilibre de la vallée du fleuve, entraînant notamment une baisse de la production agricole et un accroissement de la déforestation. En Mauritanie, le secteur du bâtiment et la pêche maritime, traditionnellement assurés par les Sénégalais, souffrent de ces expulsions. Sur la rive gauche, le retour des réfugiés provoque une surcharge des infrastructures (points d’eau, équipements sanitaires) déjà saturées.

Le département de Podor voit sa population croître de 13,6 %, celui de Matam de 12 %. La population de certains villages double. De nombreuses associations et partis se créent pour venir en aide aux réfugiés, mais l’aide internationale se tarit peu à peu, et leur sort reste aujourd’hui le problème le plus préoccupant.

Selon le HCR – l’organisme international principal qui dès le début a pris en mains l’accueil des expulsés –, des réfugiés sont toujours établis le long du fleuve Sénégal.

En 2007, le Président de la Mauritanie, alors candidat, s’est prononcé en faveur du retour de ses compatriotes vivant au Sénégal et au Mali contre leur gré. Sur le plan de la politique intérieure du Sénégal, le conflit a pu contribuer à l’ascension du PDS et d’Abdoulaye Wade. Il a également servi de révélateur à la crise sociale par l’afflux des réfugiés.

Le pays s’est trouvé fragilisé par rapport à ses voisins. Le problème du tracé de la frontière avec la Guinée-Bissau s’est posé dans la foulée, puis les difficultés avec la Gambie ont conduit à la dissolution de la Confédération de Sénégambie en 1989.

Enfin cet épisode de l’histoire contemporaine a marqué durablement les esprits et nourri quelques ressentiments de part et d’autre.

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