À 38 ans, Cheikh Kane incarne bien plus qu’un formateur : il est une conscience éducative, un bâtisseur silencieux, un homme de valeurs dans un monde qui en manque parfois cruellement. En Mauritanie, où de nombreux jeunes cherchent un repère, une direction, une chance, il a choisi de devenir un guide, convaincu que la dignité commence par le travail bien fait et que le service est une école de vie.
Formateur en Hôtellerie et Restauration au sein de l’ONG PM Culture, Cheikh Kane a consacré son parcours à la formation humaine autant que professionnelle. Pour lui, enseigner un métier ne suffit pas : il faut former des femmes et des hommes responsables, respectueux, disciplinés et fiers de ce qu’ils deviennent.
Le service comme école de valeurs
Cheikh Kane enseigne une vérité simple mais exigeante :
Un bon professionnel ne se reconnaît pas seulement à ce qu’il sait faire, mais à la manière dont il se tient, parle, écoute et respecte.
Dans ses formations, la restauration n’est pas réduite à des gestes techniques. Elle devient un espace d’apprentissage du respect du client, de la ponctualité, de la propreté, de la maîtrise de soi et du sens du devoir. Il rappelle sans cesse à ses apprenants que servir n’est pas s’abaisser, mais honorer une responsabilité.
Une pédagogie née de la rigueur et du cœur
Face au manque de moyens matériels, Cheikh Kane n’a jamais renoncé. Il a fait de la contrainte une force. Sa pédagogie repose sur l’essentiel :
la parole juste,
l’exemple personnel,
l’écoute attentive,
la rigueur sans humiliation.
Ses cours, souvent théoriques, sont structurés, vivants, exigeants. Il parle aux jeunes avec respect, mais sans complaisance. Il corrige, il répète, il insiste. Parce qu’il sait que derrière chaque apprenant se cache une histoire fragile, un potentiel brut, parfois une urgence sociale.
L’Homme social
Surnommé “l’Homme social”, Cheikh Kane mérite pleinement ce nom. Il ne forme pas pour former : il forme pour sortir les jeunes de l’errance, pour leur donner une identité professionnelle, une posture, une fierté. Il croit profondément que la discipline peut sauver des trajectoires, que le travail peut restaurer l’estime de soi, et que la transmission est un acte de justice sociale.
Dans les regards de ses anciens élèves, aujourd’hui serveurs, cuisiniers, responsables ou simples travailleurs dignes, on retrouve la trace de son passage. Une manière de se tenir. Une manière de respecter. Une manière d’exister.
Un engagement silencieux mais essentiel
Cheikh Kane ne cherche ni la lumière ni les honneurs. Son combat se mène dans les salles de formation, dans les mots répétés cent fois, dans les gestes corrigés avec patience. Il croit en une Mauritanie qui se construit par le bas, par la jeunesse formée, disciplinée et consciente de sa valeur.
Son parcours rappelle une vérité fondamentale :
Former un jeune, ce n’est pas seulement lui apprendre un métier, c’est lui rendre sa place dans la société.
Cheikh Kane est de ces hommes rares qui bâtissent l’avenir sans bruit, mais avec constance.
Et c’est précisément pour cela que son œuvre mérite d’être racontée, reconnue et soutenue.
Cheikh Kane



















