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Déclaration de Mauritanian Network for Human Rights (MNHRUS) relative à la Situation des Droits de l’Homme en Mauritanie

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Déclaration de Mauritanian Network for Human Rights (MNHRUS) relative à la Situation des Droits de l’Homme en Mauritanie

Le 28 Mai dernier à Winding dans le département de Mbagne au sud de la Mauritanie, une unité de l’armée  patrouillant le long du fleuve  intercepte un convoi de marchandise destinée au Sénégal voisin.

Une opération qui a eu pour conséquence la mort par balle du jeune Abbas Diallo, charretier à qui les propriétaires de la marchandise avaient confié leur transport jusqu’au quai.

Selon la déclaration officielle de l’armée, la victime serait morte d’un “tir de sommation” effectué par un de leurs éléments. Une version peu convaincante aux yeux de nombreux observateurs et qui suscite encore beaucoup d’interrogations quant à l’opportunité de déployer l’armée dans une région meurtrie et qui pleure encore ses fils, victimes de la folie meurtrière de Taya et ses acolytes.

En effet, cette bavure vient rappeler une autre: celle de Lamine Mangane tombé aussi sous les balles des forces de l’ordre le 27 Septembre 2011. Les circonstances de la mort d’Abbass Diallo comme celle de Lamine Mangane n’ont toujours pas été élucidées faute d’enquête indépendante et surtout par manque de volonté politique des autorités de ne pas faire la lumière sur les crimes commis par les forces de l’ordre depuis 1986.

Par ailleurs, au début du mois de Mai,  dans la localité de Twile dans le Hodh El Gharbi, la jeune Toutou Mint Kaber âgée seulement de 12 ans fût violée à plusieurs reprises par un officier de la police judiciaire auprès de qui sa pauvre famille pensait trouver refuge.

Comme d’habitude dans de circonstances pareilles, la reaction des autorités consista d’abord à intimider la victime et sa famille qui se sont retrouvées derrières les barreaux. Mais grâce à la détermination de militants de certaines ONG sur place, les victimes furent relâchées et le coupable appréhendé.

En effet, le cas de Toutou vient allonger la liste non exhaustive de femmes et enfants victimes de viol ou de tentative de viol et qui se terminent souvent par des meurtres. Ce fut le cas notamment de la jeune Kadiata Sow (30 ans) en Avril 2020, de Penda Sogué (20 ans) en Mars 2013, de Kadji Touré (6 ans) en Octobre 2013, de Zineb Mint Abdellahi (10 ans ) en Décembre 2014, de Roughya Mint Ahmed ( 8 ans ) pour ne citer ceux-là.

D’autre part, dans certaines localités des wilayas du sud du pays la colère monte de nouveau entre éleveurs et agriculteurs. Les derniers accusant souvent les premiers de laisser leurs troupeaux de dromadaires détruire leurs récoltes. Des incidents de ce genre sont fréquents et finissent souvent par être tranchés par des autorités locales connues pour leur partialité dans le traitement des dossiers qui leur sont présentés.

Une autre source de tension dans la vallée du fleuve réside dans l’accaparement  effréné des terres au profit d’hommes d’affaire et investisseurs étrangers soutenus par l’état. Ce qui a pour conséquence la réduction drastique des aires de pâturage pour les éleveurs et créé ainsi une frustration au sein des agriculteurs qui, faute de moyens, deviennent des ouvriers agricoles sur les terres de leurs ancêtres.

Ainsi sur ce constat, et sur la base de nombreux témoignages recueillis par nos instances fédérales, Mauritanian Network For Human Rights invite le gouvernement Mauritanien et les autorités compétentes à:

-Diligenter immédiatement une enquête indépendante sur la mort de Abbass Diallo, situer les responsabilité et  appliquer la loi dans toute sa vigueur.

-À prendre les mesures idoines pour mettre fin à la recrudescence des viols, meurtres et autres crimes multiformes ;  et  à s’assurer qu’aucun crime ne reste impuni.

-À accorder une attention particulière aux tensions entre éleveurs, agriculteurs et investisseurs véreux dans la vallée, source potentielle de conflits.

-À revoir sa stratégie de lutte contre la COVID19 en mettant l’accent sur la sensibilisation, la distribution de vivres et surtout en impliquant les populations locales dans un problème qui les concerne en premier lieu.

Mauritanian Network for Human Rights (MNHRUS)

La communication

Le 15 Mai 2020

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