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Cherif Ba décide de rendre publique sa lettre adressée à l’AJDMR

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cherif ba

Après la décision d’AJDMR de suspendre l’inspecteur Mouhamadou Diallo la semaine dernière, Cherif Ba de Cincinnati décide de rendre publique pour la première fois la lettre adressée à l’AJDMR.

Ba Moctar dit Chérif
Membre du conseil national de l’AJD-MR Cincinnati, Ohio
A monsieur le Président du Conseil National

Objet : Information et quête d’arbitrage
Monsieur le Président
Le but de cette lettre est de vous informer de la mesure qui me frappe depuis bientôt une année.

Les élections présidentielles passées, au regard d’une prise de position d’alors, seraient la principale raison de l’ostracisme dont je suis l’objet au sein d’une formation politique que j’ai contribué à porter sur les fonts baptismaux. En effet, lors de ce rendez-vous électoral important pour notre peuple, j’ai été amené, en accord avec les principes qui me gouvernent, à soutenir le candidat Biram Dah Abeid. Celui-ci me paraissait et me parait encore comme l’homme de la situation, comme le leader qui incarne le mieux la volonté de rupture. L’avenir nous a confirmés dans nos prédictions. Son classement, à bien des encablures du score du candidat de notre parti, est assez éloquent.

Juste après l’échéance, j’ai noté une mue chez les responsables de l’Ajd- Mr, section de Cincinnati où je milite et que j’ai créée, en compagnie d’autres camarades. Des rencontres ordinaires de notre structure commencèrent à se tenir sans que je fusse informé.

Pour connaitre les motivations de cette mue, je me suis tout naturellement ouvert à l’un des responsables de la structure qui m’a avoué, sans détour, avoir reçu des consignes de sa hiérarchie. En haut lieu, il avait été décidé d’écarter le désormais ex-camarade Ba Moctar dit Cherif de toutes les activités du parti.

Ma curiosité insatisfaite, je me suis tourné vers Monsieur Bocar Oumar Ba devenu, depuis le dernier Conseil National, Secrétaire chargé de la diaspora. Ce Monsieur, par un entretien téléphonique antérieur avec les camarades de Cincinnati, m’a assuré avoir pris la mesure du gel de mes activités pour sanctionner mon soutien au candidat Biram Dah Abeid. Il m’a, par la même occasion, informé avoir communiqué au Bureau Politique la mesure qui me frappait. Il outrepassait ainsi une disposition réglementaire qui, en son article 12 alinéa 32, définit les compétences du secrétaire national chargé de la diaspora.

Cet article dit en substance que le secrétaire chargé de la diaspora “s’occupe de la vie sociale de nos ressortissants, remonte les difficultés qu’ils rencontrent dans les pays de résidence”. Nulle part il n’est précisé qu’il a la compétence de prendre des sanctions ni d’intervenir dans la vie des structures du parti relevant du Secrétariat National à l’organisation.  Aussi, dans le chapitre dudit règlement consacré aux sanctions, il est spécifié les conditions d’applicabilité des mesures frappant les militants fautifs. Elles varient de l’avertissement à l’exclusion.

Dans tous les cas de figure, le chapitre 2 : Discipline-Sanctions, précise que la suspension et l’exclusion sont une prérogative du seul Conseil National. A cela, il faut ajouter que le membre en situation d’exclusion dispose du droit de s’expliquer et d’être entendu par le Conseil National avant une prise de décision définitive, conformément à l’article 17 dans son dernier alinéa.  Tenant compte de tous ces impairs, je souhaite que le Conseil National, institution de recours, me rétablisse dans mes droits de militant déterminé à oeuvrer au progrès d’un parti, de son parti qui, pour retrouver sa crédibilité, doit se ressourcer à ses principes fondateurs. 

Des dérives remontant a 2012 font tanguer notre formation politique. Le point de départ de cette descente aux enfers est notre entrée dans la majorité présidentielle inopportune dans son contexte, malheureuse  pour ses piteuses retombées et enfin négociée avec un amateurisme impardonnable. Le crédit du parti en a pris un sacré coup. Les saignées qui s’ensuivront confirment, si besoin en était, la chute de notre crédibilité dont le point d’orgue sera le pitoyable score du candidat issu de nos rangs au scrutin présidentiel de 2014. 

Ensuite, le parti, comme ayant perdu la tramontane, s’est installé dans le confort de l’illégalité qui a achevé de le confondre avec les grands partis dictatoriaux. Elu pour 3 ans, le bureau politique, dont le mandat a expiré depuis bientôt quatre ans, continue de gouverner la barque à la Pyrrhus, sans aucun respect pour une base qui attend fiévreusement une redéfinition de la ligne politique du parti et un renouvellement de ses instances. 

Notre ligne a été trahie. La lutte contre le système en place est reléguée aux calendes grecques; par rapport aux initiatives des autres formations qui luttent contre le système en place, notre parti reste amorphe s’il ne prend le contrepied de ces combats inscrits pourtant dans ses objectifs. Nous fûmes aux abonnés absents dans les pelérinages d’Inal, de Wothie, de Sorimalé, dans les marches initiées par Touche pas à Ma Nationalité et dans la dernière caravane contre ‘’le racisme d Etat, l esclavage et les expropriations foncières’’ initiée par Kawtal et Ira, entre autres.
A cela s’ajoute la malencontreuse sortie du Président en 2013 qui nous a aliéné des pans entiers de sympathisants potentiels heurtés par un orgueil puéril. En de termes hors de toute convenance politique, le Président s’est posé en homme incontournable de notre landerneau politique. A ses interlocuteurs ahuris, il a soutenu mordicus etre la clé de voûte de toute unité contre le système en place.

La liste des travers de l’actuelle direction est loin d’être exhaustive.
Déjà, elle sonne l’alerte et nous invite à redresser le cours d’une histoire qui nous enfonce dans l’escarcelle assez grande des partis ayant trahi les peuples et leur espérance.

Pour conjurer ces périls, le Conseil National doit jouer sa partition à fond en travaillant à rédynamiser un parti bien valétudinaire. Des initiatives dans le sens d’un dialogue interne franc, d’un assainissement conséquent du fonctionnement et d’une alternance générationnelle que l’histoire et l’expérience imposent sont plus que d’actualité.

Aussi, des initiatives hardies doivent être prises pour rassembler la grande famille patriotique combattant un système enraciné, décidé de se perpétuer et prêt à la fuite en avant. Notre parti doit jouer son rôle de locomotive pour réduire les incompréhensions, pour provoquer des programmes minimaux et pour créer la grande synergie des forces combattantes que sont le PLEJ, le MPR, l’UNDD, Arc en ciel, le FPC, Ira- Mauritanie, FLAM et Kawtal entre autres.

La fin de notre traversée du désert et notre remontée du précipice ayant englouti plusieurs partis fanfarons est à ce prix.
Salutations militantes.
Ampliataires :
Les membres du CN
Cincinnati, le 26 Mai 2015
Moctar Ba dit Chérif

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