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C’est le dernier appel de Tiken Jah Fakoly

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Tiken Jah Fakoly vient encore, comme à son accoutumée d’interpeller nos consciences d’africains perpétuellement assistés.

Sa chanson qui envahit en ce moment la toile, et intitulée à juste raison : « C’est le dernier appel » est, au-delà de la savoureuse mélodie, cette belle musique comme sait si bien le faire Tiken Jah Fakoli, un vibrant et émouvant rappel à notre grand devoir, nous autres noirs d’Afrique.

Et il a raison, personne ne peut développer ce continent en dehors de nous ; or, il se fait tard. Quand on se souvient que dans les années 70, la Corée était au même rang que nous, sur le plan du sous-développement, quand on se souvient qu’au sortir de la deuxième guerre mondiale, le Japon ne payait pas bonne mine sur le plan économique, quand on se souvient que la chine, jadis pays du tiers monde, est devenu maintenant la troisième puissance mondiale, voire la première, selon toute vraisemblance, on comprend à quel point Tiken Jah Fakoli a raison de crier son dernier appel à tous les citoyens africains, afin de les sommer d’accourir vers le terminal du marasme économique, et de s’engager dans l’avion de l’émergence du continent africain.

Cette vieille terre d’Afrique, sur laquelle l’homme se mit debout et marcha pour la première fois, est simplement malade de son intelligentsia. Ce sont nos intellectuels, par-delà nos politiques, qui tardent à se mettre à la tâche pour nous sortir de ce ghetto. Il ne s’agit plus d’asséner à travers des livres à relent philosophique des vérités économiques, il est à présent question de montrer au peuple la voie à suivre pour que sa jeunesse ne fuit plus l’effort qu’elle doit déployer sur le sol africain pour en faire jaillir les fruits de l’épanouissement, à la seule sueur de son action commune ou personnelle.

Il s’agit, chaque fois que c’est nécessaire d’opérer ces révolutions silencieuses qui ne font pas au bout du canon et du fusil, mais se réalisent par la volonté de dénoncer tous ses politiciens qui ne viennent au pouvoir que pour spolier le continent de Cheikh Anta Diop, de Kwame Nkrumah, de Thomas Sankara, de Patrice Lumumba, de Nelson Mandéla. Ces patriarches mal connus, se retournent dans leur tombe au constat de tous ces dirigeants de cette partie du monde soi-disant dominante qui insultent, sans coup férir, leurs frères africains au pouvoir.

Oui, Tiken, tu as mille fois raison. C’est (vraiment) le dernier appel pour l’Afrique ! Tu as fait ton devoir d’artiste qui a mission de galvaniser le peuple sur le chantier de la reconquête de la dignité. Tu l’as d’ailleurs toujours fait. Tu as dénoncé les politiques actuelles, tu as pourfendu l’élite qui a fini de trahir sa mission, laissant en jachère les vrais combats que sont la réelle démocratie, la réelle justice, la réelle économie. Le débat doit être centré en nous et par nous, et enfin répondre à la terrible question d’Axelle Cabou : est-ce nous qui refusons le développement.

Mais Tiken, senalioune sait que tu ne te fais pas d’illusion, une fois de plus, les gens apprécieront ta musique, danseront au rythme de tes belles sonorités de reggae, et oublieront toute la pertinence de ton appel. Rien ne se fera de nouveau sous ciel d’Afrique, et demain les dirigeants africains, encore, s’en iront vers les puissances occidentales, quémander de quoi nourrir leur peuple. Telle semble être la malédiction de l’Afrique !

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