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Alimentation au Sénégal : 6 facteurs qui favorisent la prise de poids !

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obesite au senegal

Quand on en vient à parler de la société de surconsommation et de l’obésité ou du surpoids, l’imaginaire populaire a, jusqu’à récemment, voulu limiter aux frontières occidentales ces concepts. La sculpture “supermarket lady” de Duane Hanson mettant en scène une femme en surpoids dans un supermarché avec le caddy rempli de courses, entendait dénoncer dès 1960 la ligne directrice de l’excès des nouveaux standards de consommation des sociétés occidentales. De nos jours, comment maigrir est devenu une préoccupation non pas des seuls individus mais aussi une question de santé publique.

Il demeure que le Sénégal, à l’instar du reste de l’Afrique, s’est, quelques dizaines d’années plus tard, laissé fortement transformer par ces standards européens.

Non que le Sénégal se soit défait de la sous-alimentation d’une partie de ses populations, la prévalence de la malnutrition serait proche de 18% dont 8,8% concerneraient les cas de malnutrition aigüe. A contrario, la prévalence de l’obésité dans le pays de la Teranga serait d’environ 6% avec une vertigineuse proportion de 30,6% dans la région de Dakar contre 8% dans les milieux ruraux d’après une étude de l’université Gaston Berger de Saint-Louis. L’obésité serait, d’après une étude, “le facteur le plus fréquent” dans les cas de mort subite de l’adulte dans la région de Dakar. Il convient donc de rechercher les facteurs relevant notamment de l’alimentation, et qui favorisent cette nouvelle pandémie.

Une maîtrise parfaite de ces facteurs permettra aux personnes en situation de surpoids de réaménager leurs activités et alimentation afin de retrouver un poids de forme idéal.

Une mauvaise alimentation est une alimentation qui présente soit un déficit en nutriments, soit un excédent. Au-delà de la nature et de la qualité des ingrédients, certaines de nos habitudes sont de nature à dégrader notre bol alimentaire.

1- La cuisson souvent trop longue

La cuisine sénégalaise repose essentiellement sur la cuisson par pochage dans de l’eau froide au départ, et également sur la cuisson par friture. C’est surtout la durée de ces cuissons qui est ici incriminée. Nous avons l’habitude de laisser trop longtemps les aliments brûler, ce qui, de l’avis de la nutritionniste Maty Diagne, favorise la libération de radicaux libres, mais surtout une perte en nutriments.

En effet, du fait de la température, notre bol alimentaire est appauvri en protéines alors que celles-ci servent à mobiliser le glucose dans la formation et renouvellement des tissus musculaires. Une cuisson exagérée a donc pour corollaire un excès de glucose dans le sang, or ce glucose est finalement stocké sous forme de graisses créant le surpoids. Ne pas trop cuire nos aliments mettra donc à disposition de notre organisme plus de nutriments qui mobiliseront plus de graisses et nous fera retrouver notre poids de forme.

2- L’absence des fruits et la faible présence des légumes dans nos habitudes alimentaires

L’alimentation au Sénégal ne fait malheureusement pas grand cas de fruits et légumes alors que ceux-ci participent à la lutte contre de nombreuses maladies dont l’obésité. En effet, les fruits apportent à l’organisme un type de sucre, le fructose bon pour la santé; de plus, les fruits et légumes ont un faible apport calorique comparativement aux repas traditionnels du Sénégal.

Ils peuvent rassasier sans apporter un surplus en nutriments. L’action des fruits et légumes dans un régime minceur tient donc à la qualité de leur sucre, à leur volume, mais aussi à la quantité d’eau qu’ils contiennent. En effet l’eau intervient dans le processus d’hydrolyse des protéines, plus nous buvons, plus de protéines pourront être brulées et transformées en énergie. Manger beaucoup de fruits et légumes et boire beaucoup sont les premières actions à mener quand on recherche à perdre du poids sainement.

3- La restauration rapide et ses dérives

Au Sénégal a fleuri ces dernières années, de nombreuses enseignes de restaurations rapides adressées à une classe moyenne et citadine. Il ne s’agit pas des seules chaînes de restaurants européens ou libanais, mais aussi des restaurants servant des mets typiquement africains. Satisfaire les goûts de la majorité pousse ces enseignes à servir trop gras ou trop sucré, vous éloignant de votre objectif d’un poids idéal…

4- Une goinfrerie sexiste pour des raisons de séduction

Si en Occident les canons de séduction font des femmes aux formes longilignes les plus belles, sur notre continent il en est tout autre. En Afrique du Sud, second pays le plus touché du continent derrière la Libye, on parle des “femmes qui font trembler la terre” pour désigner les femmes aux formes généreuses prisées sur le continent. Au Sénégal, cet aspect sociologique pourrait expliquer l’énorme différence entre la prévalence des deux sexes dans la région de Dakar, 13% pour les femmes contre 4% pour les hommes selon une étude de 2010. Les femmes rechercheraient donc volontairement à être en surpoids.

Une thèse qui, toutefois, prend du plomb dans l’aile quand on en vient à des catégories d’âge où la séduction n’est pas censée être un facteur de décision ; en effet une étude plus récente (2016) de Papa Ndiaye portant sur l’obésité dans le second cycle dans les lycées de Dakar fait cas de ce que 61,5% des cas enregistrés étaient des femmes.

5- Des 3 repas quotidiens à la nutrition en continu

Le Sénégal fait face à une perversion des usages traditionnels du fait que de nombreux citadins sénégalais tiennent leurs modèles de l’Occident. En effet, aux trois repas quotidiens a été ajouté le goûter de 4h. Mais avec le temps, on constate que les repas ne sont pas respectés et que nombreux sont les sénégalais qui préfèrent manger beaucoup plus riche en dehors des heures traditionnelles de repas. Le grignotage et autres encarts riches en sucres et en glucides a également pour corollaire direct le surpoids.

 6- La préférence donnée aux importations obésogènes plutôt qu’aux productions locales bio

Les importations sont peut-être la source même du mal qui mine le Sénégal et de nombreux pays aux balances céréalières déficitaires. En effet, le mil et le sorgho ne cessent de reculer devant la prédominance du riz qui, malheureusement, est massivement importé pour assouvir les besoins nationaux. De nombreux autres légumes et céréales importés comme le riz sont malheureusement produits pour certains à partir d’engrais aux propriétés obésogènes. Ceci expliquerait le fait que les classes moyennes capables de s’offrir les produits d’importation soient les plus touchées.

La consommation de céréales et légumes locaux produits sans fertilisants controversés devrait permettre de réduire la prévalence de l’obésité au Sénégal.

Oscar Helm, nutritionniste et gérant de sagessesante.fr

via senenews

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