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Acte de verrouillage

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Je ne serai pas entrer dans la ligne de confrontation et parler de certains détails qui devraient rester discrets, si les choses se passaient normalement et si Ould Abdel Aziz ne se sentait pas abandonner par le président élu Mohamed Ould Cheikh Ghazouani,  le poussant à revenir au pouvoir à travers la recherche d’un moyen de rester sur la scène politique. Avant d’entrer dans les détails, je rappelle certains faits connus des décideurs de l’époque de Ould Abdel Aziz, notamment à la fin de son deuxième mandat. En
 2017, a eu lieu une rencontre avec la première dame de l’époque et une autre rencontre avec le président du parti de l’époque, Me. Sidi Mohamed Ould Mohamed, ainsi que ma désignation comme directeur adjoint de la campagne du parti au niveau de la Moughatà de Zouerate. Cette campagne m’a montré beaucoup de mystères que je n’aurais pas vu n’eut été  ma présence dans cette bataille décisive où Ould Abdel Aziz voulait faire de son ami proche Cheikh Baya un verrou après toutes ces actions par lesquelles il voulait sortir volontairement dans l’espoir de revenir d’une manière plus douce. La campagne de Zouerate n’était pas une campagne ordinaire, et j’en suis témoin, lequel témoignage n’affecte pas mon professionnalisme lié à une situation de divulgation de quelconque  secret que je n’aurais pas le droit de divulguer. La campagne de Cheikh Baya n’y était pas liée. Il n’avait pas l’intention de s’impliquer dans tous les détails et ne cherchait pas à unifier les rangs , ni à assurer un traitement respectueux de tous les acteurs politiques et administrateurs chargés de la campagne. Il ne voulait pas entrer en fonction – ceci sous responsabilité personnelle – et il était poussé au succès par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui souhaitait peut-être que son ami soit un garant en cas de représailles. Il a ensuite choisi Mohamed Cheikh Ghazouani, qui était réticent au pouvoir et pensait qu’il pourrait l’ordonner de démissionner, même s’il devenait président, la présidence mauritanienne revendra par la suite à son Cheikh Baya devenu Président du Parlement. Au cas où le président est empêché d’exercer ses fonctions, Ould Abdelaziz choisissait par la suite Boîdjel Ould Moumeyd comme vice-président du parlement et deviendra le président du parlement.  Ould Abdel Aziz sait que Boidjel tient généralement  ses promesses, ce qui est malheureusement très rare dans le rang des hommes politiques mauritaniens. Ould Abdel Aziz réfléchissait profondément. Il s’est débarrassé du Sénat, de tous les opposants, les a affaibli, et les a empêché de se présenter aux élections présidentielles, en particulier les plus forts parmi eux. Ould Abdelaziz a placé par la suite son parent proche Ould Kharchi comme président du groupe parlementaire du parti au Parlement et a éliminé Ould Maham, qui était opposé au comité intérimaire de gestion du parti et qui a demandé que le congrès national du parti se tienne à temps pour qu’il élise un nouveau président ou que Ould Maham soit réélu Président du parti. Ould Abdelaziz a en ensuite engagé Seyidina Ali Ould Mohamed Khouna comme président de ce comité intérimaire, un homme connue pour son pacifisme et obéissance légendaire à ses ordres .
Il s’agit de cinq verrous posés par Ould Abdel Aziz aux portes de la pyramide du pouvoir en Mauritanie. Ce qu’il ignorait, c’est que les clés de ces verrouilles seront entre les mains d’un seul homme, et ne peuvent pas être répartis entre les hommes qu’il a choisi. Cet homme devra être au poste du Président de la République, incarné à présent par son cher ami Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.
Ces verrous ont été sautés doucement, sans brouille ni excitation, lorsque Ghazwani a délibérément mis Ould Baya à genoux, l’obligeant à organiser le vote des parlementaires sur la politique du gouvernement publiquement. Il a commencé à agenouiller le ministre de l’Enseignement supérieur Sidi Ould Salem, qui souhaitait garder de bonnes relations avec Ould Abdel Aziz et voulait prouver que Ould Ghazouani dépend directement de Aziz, ce qui dans les faits étaient le contraire.
Il a ensuite sauté un autre verrou, qui consistait à se débarrasser de Boidjel Ould Homeid et à le remplacer par Hamadi Ould Meymo, ainsi qu’Ould Kherchhi qui fut l’homme chargé de gérer l’équipe parlementaire de l’UPR et qui l’a remplacé par Oudl Djah.
Ces actions étaient un signal fort d’avertissement pour Abdel Aziz, qui s’est précipité pour remédier à la situation avec sa tentative de retour au parti. Là il est apparu le contraire de ce qu’il espérait car il a été rejeté par les membres du comité d’intérim gestionnaire du parti de l’UPR , ne restant à son coté parmi ses membre que son président – non déclaré – Seyidna Ali, son ancien vice-président du parlement Boydjel et l’ancien président du groupe parlementaire de l’UPR Ould Kherchi. Les autres membres ont annoncé Ghazouani comme seule référence pour eux et le soutenaient tous.

Ould Abdel Aziz n’a qu’un seul recours au verrou le plus dangereux: celui de l’armée nationale, où il s’appuie habituellement sur son propre bataillon, qu’il a créé et au moyen duquel il a trompé son ancien Chef Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, puis par la suite son successeur, le regretté feu Ely Ould Mohamed Vall, suivi du dernier premier président élu démocratiquement Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi.

Ensuite, le dernier verrou a été débloqué par Ould Ghazouani lorsqu’il a limogé les hommes que Ould Abdel Aziz avait installés en tant que dirigeants et membres du bataillon de sécurité présidentielle. Ould Cheikh Ghazouani a sécurisé sa place et pour Abdel Aziz, il ne reste que prendre sa place dans l’opposition radicale qui n’existe d’ailleurs plus après que ses dirigeants se soient rendus, pour la première fois, il y a 11 ans, aux célébrations du Jour de l’Indépendance aux côtés du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani à Akjoujt.
Il convient de noter ici que Ould Ghazwani n’est pas celui qui a tourné le dos à Ould Abdel Aziz, mais ce dernier a voulu revenir d’une manière contraire à la logique et à la réalité politique, contraire aux normes et rejeté par les facteurs qui ont entouré le régime de Ould Ghazouani et les alliances qu’il a établi lors de la constitution de son système et qui sont au cœur de ses piliers. Les politiciens sont tous mécontents de Ould Abdel Aziz et les clés de ces verrous qu’il a supposé mettre en place pour sécuriser sa place en tant qu’unique « chef de l’état » et qu’il a considéré que c’est lui qui les a remis à son ami le président Gazouani, sont cédés par la Constitution et la loi.
Nous notons également que l’arrestation de Ould Abdel Aziz par Ould Ghazouani est un pari perdant pour ceux qui le réclament, mais Ould Ghazouani n’aura pas le choix si des poursuites sont engagées contre Ould Abdel Aziz preuves à l’appui, ainsi que contre les hommes qui dirigeaient avec lui et qui sont présumés avoir détournés des fonds publics, en particulier des hommes d’affaires, ses proches et les dirigeants qui ont géré des dossiers importants qui se sont transformés en nébuleuses. Le cas échéant, seulement de cette manière, Ould Ghazouani sera gêné et l’obligé à laisser la justice dire son mot au sujet de son ami, sans pour autant accepter que celui-ci soit opprimé.
Finalement, Mohamed Ould Abdel Aziz reste un ancien président de la Mauritanie, tout comme les autres qui ont fait du bien et du mal et doit être traité de de manière équitable. Si ces personnes étaient sanctionnées, il devrait lui aussi être sanctionné s’il est prouvé qu’il est responsable. Si non, il doit être traité comme les autres anciens présidents et vivre en honneur au sein de sa famille tant qu’il n’a pas commis d’atrocités ou de crimes humains et qu’il n’a pas trahi la confiance de son pays, une trahison qui vraisemblablement peut être vérifiée conformément à la loi et à la Constitution.

Vive la Mauritanie prospère et indépendante
Mohamed Vadel Abdarahmane

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