Invité à une table ronde ministérielle à Abidjan, le ministre des Domaines a annoncé une restructuration majeure de son administration. L’objectif est d’implanter le système numérique foncier dans les 15 wilayas et les 63 moughataas du pays pour éradiquer définitivement les constructions illégales.
Le ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme Foncière M Mamoudou Mamadou Niang a passé en revue, lors de sa participation aux Journées foncières d’Abidjan, à l’occasion d’une table ronde des ministres en charge du foncier et des finances autour du thème « Gouvernance foncière et développement durable en Afrique », les principaux défis auxquels est confrontée la gestion foncière en Mauritanie.
Il a présenté également le plan du secteur visant à moderniser l’administration foncière et à numériser ses services.
L’un des défis majeurs réside dans l’absence ou le manque de clarté du lien entre les données de propriété foncière et les plans de lotissement urbain, ainsi que dans l’inexistence d’un outil efficace de surveillance spatiale en temps réel, a souligné Niang, selon lequel, cette situation entrave le suivi de l’occupation des terrains, la détection des empiétements sur le domaine public et la lutte contre les constructions illégales.
Toujours selon lui, ces problématiques ont des répercussions sur les finances publiques, la sécurité juridique et l’aménagement urbain, entraînant une perte de recettes fiscales foncières et des difficultés pour délivrer des titres fonciers de manière rapide et sécurisée, sans oublier les litiges fonciers et les risques qu’ils font peser sur l’investissement et le développement urbain.
Le Département œuvre à la mise en place d’une base de données foncières nationale unifiée via la plateforme « Ighar », qui attribue à chaque parcelle une empreinte numérique unique, tout en étendant les services du système numérique « Legoud » par la création d’antennes régionales dans les 15 wilayas d’ici fin 2026 et d’antennes locales dans les 63 Moughataas d’ici 2027, a poursuivi le ministre.
Les priorités du secteur comprennent, dira-t-il, l’élaboration d’un programme foncier national décennal, le recensement des parcelles bâties ainsi que des concessions agricoles et littorales, la création d’un registre foncier national numérique, l’inventaire des terres appartenant à l’État, la mise en place d’un registre numérique du domaine public foncier et le renforcement des capacités techniques du ministère.


