Home People Ndeye Nogaye Babel Sow : «Je ne suis pas née panafricaniste»

Ndeye Nogaye Babel Sow : «Je ne suis pas née panafricaniste»

0
SHARE

senenews. Activiste acharnée et panafricaniste de surcroît, porte-parole  internationale de l’ONG Urgences panafricanistes, dont elle est la coordonnatrice au Sénégal, Nogaye Babel Sow  lutte pour l’éveil de la conscience collective africaine. Dans un entretien avec les  journalistes de SeneNews.Com, celle qui est aussi  coordonnatrice du mouvement «France dégage» revient sur les faits marquant sa vie de militante.

En dépit de son panafricanisme ô  combien engagé et vivace, Ndèye Nogaye Babel Sow avoue n’être pas née avec cette fibre militante. Cela s’est construit au fil du temps et avec, bien entendu, un point de départ crucial. L’assassinat de Khadafi, le 20 octobre 2011 a été l’élément catalyseur de son militantisme panafricain.

«J’ai été choquée par la mort de Khadafi, tout est venu de là», se rappelle-t-elle. Touchée par cet acte perpétré par certaines puissances dominantes du monde occidental, Ndèye Nogaye Babel Sow commence alors à aiguiser sa curiosité sur les réalités de la politique internationale. Elle va revisiter l’histoire des grands hommes du continent tels que Thomas Sankara, Patrice Lumuba…

Inspirée par son père, marxiste, elle commence à s’intéresser au «Manifeste du parti communiste» de Karl Marx, mais aussi par «Nations Nègres et Cultures» de Cheikh Anta Diop. Ainsi, son engagement remontant à ses années de lycée lui a valu d’être perçue comme une fille plutôt loufoque, du fait de son courage et de son activisme.

Nogaye Babel est connue dans l’espace publique de par son engagement et son franc-parler. Comme pour dire « qui se ressemble s’assemble », sa rencontre avec le panafricain anti-Cfa  Kémi Séba a été selon ses dires, « un coup de foudre idéologique ». Parce que sur bien des points concernant le devenir du continent, ils se retrouvaient.

Son interpellation par les forces de l’ordre lors de la manifestation contre la visite du président français Emmanuel Macron, début février 2018, lui a fait prendre conscience de ce qu’elle et les autres panafricanistes font peur  aux dirigeants à la solde de l’Occident.

Pour elle, la jeunesse africaine devrait se réveiller et se battre contre la logique de soumission aux puissances étrangères.  Nommée en 2017 championne de leadership et de solution, Nogaye Babel estime que les Africains devraient être plus exigeants dans le choix de leurs leaders politiques, en optant notamment pour des leaders panafricanistes qui ne sont là que pour leurs peuples plutôt que ceux qui vont servir les puissances impérialistes. Sur ce, pour l’élection présidentielle à venir, la jeune militante envisage de trouver le candidat qui se trouverait dans la «logique d’insoumission» pour le soutenir.

Se prononçant sur l’affaire Khalifa Sall, Nogaye Babel Sow laisse croire que ce procès est purement politique. Selon elle, il suffit juste d’entendre le réquisitoire du procureur, – qui demande 7 ans de prison ferme et plus de 5 milliards d’amende-, pour comprendre que l’intention du pouvoir est d’écarter définitivement ou de rendre inéligible un adversaire politique.

Nogaye Babel a lié ses ambitions à celle de l’Afrique. Son rêve, dit-elle, est de créer un cabinet d’avocat international sur le continent africain afin de mettre un terme au mimétisme juridique des institutions africaines et surtout sénégalaises sur les législations des puissances colonisatrices, en l’occurrence de la France.

Ibrahima DIENG

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here