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Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours : Ibra Der Thiam retrace la carte de Thiès

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La Cité du Rail a abrité un séminaire sur l’«Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours». Une occasion pour le coordonnateur dudit projet, Pr Iba Der Thiam, de retracer l’histoire de Thiès.

«Thiès occupe dans l’histoire de notre pays, une position centrale et stratégique, qui lui confère un intérêt de tout premier plan», a déclaré Pr Iba Der Thiam au cours d’un séminaire de formation organisé à Thiès par le Projet «Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours». Selon le coordonnateur dudit projet, «Thiès carrefour de peuples, de cultures et de civilisations, ses populations ont joué dans l’histoire, aussi bien du Cap-Vert, du Cayor, du Baol, du Sine, du Saloum, que du Djolof et du Walo, différents rôles au plan aussi bien politique, syndical, religieux, culturel, qu’économique et social, qui confèrent à leur région, une position de référence et de symbole dans de nombreux domaines».

D’où le choix de Thiès qui n’a pas été opéré, selon Pr Thiam, «par hasard de n’importe quelle conjoncture». Il renseigne : «Aucune région autant que celle de Thiès ne résume mieux les différentes péripéties de notre histoire politique, dont quelques-unes des pages les plus glorieuses ont été écrites dans cette province du Sénégal colonial, qui incarne la résistance à l’occupation étrangère et le combat libérateur inlassable mené par les patriotes pour la liberté, la dignité et la justice.» Et l’historien de rappeler brièvement quelques repères connus. «Ce fut à Thiès que la garnison française de Pout a été massacrée le 13 juillet 1863 par les populations locales entraînant, en guise de représailles, l’exécution à Mbidjem, le 8 août 1863, de Kunum Dem de Niakhib et de Togne Pouye de Pout. Deux années plus tard, les Sérères None du Poste français de Pout déclenchaient dans le Djender, une seconde attaque contre les mêmes Français.

C’était avant la défaite historique que Lat Dior avait infligée aux troupes coloniales à Ngol-Ngol, sous le commandement du Capitaine Lorans, le 30 décembre 1863. Ce fut à Diati, Ndande, que les troupes coloniales furent battues, avant que Samba Laobé ne fût victime d’un complot qui lui coûta la vie et que Lat Dior ne tombât à Dékheulé, les armes à la main.» Aussi, poursuit-il, «ce fut à Thiès qu’un parti comme le Bds a pris naissance, ainsi que le Pai et que la classe ouvrière sénégalaise a écrit les pages les plus glorieuses de son histoire, à travers les grèves des années 1920, 1925, 1938, qui fit 7 morts et 125 blessés et celle de1947-1948 qui dura 5 mois et 10 jours».

Thiès c’est aussi, selon le coordonnateur du Projet «Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours», «les pôles religieux que sont Tivaouane, Ndiassane, la famille Ndiéguène, Pire, Thiénaba et le Mouvement Maadyanke, Mbour, Nguékokh, Toul, Diourbel, mais aussi, Mont Rolland, Ngazobil et sa première Eglise bénie par Vicaire apostolique de Sénégambie ; l’ordination, le 31 Juillet 1864 du premier prêtre formé à Saint-Louis, l’Abbé Guillaume Jouga, un natif de Gorée».

Egalement, ajoute l’historien, «ce fut aussi, dans la région de Thiès, que le mouvement de la jeunesse sénégalaise tint quelques-unes de ses plus grandes manifestations et conquit ses lettres de noblesse». Sans compter que «Thiès fut aussi la municipalité où Léopold Sédar Senghor, premier Président du Sénégal et négociateur de notre indépendance, avait décidé de militer, bien qu’originaire de Djilor ou de Joal».

Sur le plan économique Pr Iba Nder Thiam renseigne que la Capitale du Rail est le «siège de la première unité industrielle du Sénégal, à travers le chemin de fer Dakar-Saint-Louis, Thiès-Kayes, devenu Dakar-Niger. Thiès a réuni des populations d’origines diverses provenant du Soudan, de toutes les régions du Sénégal, de la Guinée, de la Mauritanie, qui ont cohabité dans la paix, la tolérance et le respect mutuel. C’est dans cette région, souligne le Professeur, qu’ont été écrites quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du Baol, du Cayor, du Sine et du Saloum, puisque Coumba Ndoffène Diouf Famack y sera tué lâchement en 1871 pour avoir réclamé Joal aux colonisateurs, malgré le rôle qu’il avait joué dans l’élimination de Maba Diakhou Bâ. Thiès et sa région ont aussi abrité la geste de Kagne, qui a donné son nom à Allou Kagne et de Yadikone, dont les exploits ont hanté notre jeunesse.

Thiès, c’est aussi l’assassinat du commandant Chautemps par Saritia Dièye, la geste de Diéry Ndella Coumba et de ses compagnons, l’assassinat de Demba Diop, etc.».
nfniang@lequotidien.sn

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